Le plan Agroécologie du Ministère vu par la FRANE: notre position

Sommaire

 

Nous présentons le projet agricole du ministère pour les années à venir « 12 clefs pour comprendre l'agroécologie ».

 

Le plan global du Ministère est ambitieux : en effet introduire la notion d'agroécologie dans notre système agricole actuel est un beau challenge et pour nous ceci va évidemment dans le bon sens.

 

Retrouvez l'avis complet de la FRANE ici

 

 

Sont envisagés successivement :

 

  • les activités de formation et de conseils nécessaires pour favoriser cette évolution ;
  • les moyens mis en œuvre pour favoriser les projets collectifs (GIEE), réduire l'utilisation des produits phytosanitaires (plan Ecophyto 2), des antibiotiques vétérinaires (plan EcoAntibio) et aider la transition vers ce type d'agriculture ;
  • le soutien à l'Agriculture Biologique ;
  • l'importance de la sélection des semences et de leur adaptation, de l'apiculture et de l'agroforesterie ;
  • la mobilisation des filières et territoires dans le courant de l'agroécologie ;
  • la nécessaire participation à l'amélioration de la qualité des sols, dans le contexte climatique mondial, avec le projet « 4 pour mille : les sols pour la sécurité alimentaire et le climat », proposé par le CGAAER du ministère lors la COP 21, auquel adhèrent déjà plusieurs pays et qui sera réabordé à de la COP 22.

 

Nous sommes inquiets des obstacles et réserves que nous avons développés ci-dessus, les problèmes agricoles actuels résultent de nombreuses décisions passées, du comportement des agriculteurs et des organisations agricoles, de l’évolution de la Société… Ce plan est déjà confronté à une crise presque générale de l’agriculture. Son avenir nous paraît sombre.

 

La FRANE souhaite que les idées positives qui ont mené à l’élaboration de ce plan perdurent et que ce plan soit amélioré au fil des ans, malgré le contexte politique actuel et ses vicissitudes (contexte qui conduit à changer de cap après chaque élection nationale !) et donc apporte avec force son soutien au projet. Par contre, la FRANE demande une grande vigilance sur de nombreux points, en demandant que le comité de suivi et d'évaluation du projet qui s'est réuni le 19 septembre 2016, avec la contribution de FNE, puisse assurer pleinement sa mission en adéquation avec les objectifs affichés d'agroécologie.

 

Par exemple, nous nous inquiétons pour l'Agriculture Biologique : en effet bien qu'elle ait fait ses preuves et même commence à intéresser le secteur industriel, ce projet la marginalise et réduit en quelque sorte sa visibilité, par rapport à un projet d'agro-écologie encore bien peu concret ! Alors qu'on pourrait la mettre au centre du projet... Il ne faudrait pas que certains profitent de tout ceci pour régler leurs comptes à une Agriculture Biologique dérangeante. Des financements risquent d'être dirigés vers des projets dont les aspects agroécologiques seront beaucoup plus discutables que des projets de type « Agriculture Biologique ». Dommage aussi parce que les Agriculteurs Bios du coup ne se sentent pas concernés par le projet et n'aient pas par exemple cru bon de participer aux nuits de l'agro-écologie. Nous renouvelons notre soutien à ce mode de production agricole (AB) et pensons qu'il ne peut qu'être bénéfique pour l'avancée du projet agroécologique.

 

Autre exemple, nous restons persuadés que les meilleures solutions ne sont pas seulement technologiques, et que l'argent public doit aller à des aides efficaces et concrètes, et toujours dans le sens réel de l'agroécologie (ce n'est pas que du vocabulaire…). Ainsi, un certain « verdissement » de l'agroalimentaire revendique des pratiques d'agroécologie avec des actions qui n'ont rien à voir avec l'agroécologie : le « biocontrôle » en fait les lâchers de prédateurs préparés en labos sur les monocultures, « l'agriculture de précision », « l'industriel local » de l'Auvergne au Brésil, les nouveaux OGM par « pseudo mutagenèse » (transgénèse ciblée) qu'on ne veut plus appeler OGM…

 

Enfin, on peut se demander quelle place tiennent encore les PRAD – Plan Régional pour une Agriculture Durable ? Ces plans avaient, malheureusement, peu de mesures favorables à l’environnement (ex : « Promouvoir des structures paysagères et des pratiques bénéfiques pour la biodiversité » était la dernière action proposée alors que « Renforcer l'image et l'attractivité de l'agriculture et de l'agroalimentaire, Améliorer l'acceptabilité sociétale » était la première).


 Pour retrouver notre avis point par point, c'est ici:

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