AVIS de la FRANE sur le projet de SRCAE :

Imprimer

mars 2012

 

La FRANE a participé à l’ensemble des ateliers préparatoires au Schéma Régional Climat Air Energie et avait déjà exprimé en octobre 2011 un certain nombre de remarques.

 

Elle a décidé d’apporter une analyse plus approfondie du rapport et des orientations profitant pour cela de la consultation publique.

 

 

I - Le rapport

 

 

1-Quelques lacunes

Les HAP - hydrocarbures aromatiques polycycliques -  ne sont pas ciblés.

La vapeur d’eau émise par le trafic aérien en haute altitude est un G.E.S. puissant, non évoqué.

La consommation d’objets dont la fabrication est énergivore n’est pas prise en compte. La réduction d’usage de ces objets qui se retrouvent dans les déchets n’est pas envisagée. Elle devrait l’être même si les objets sont fabriqués hors région.

Aucune analyse d’incidence de l’éclairage public ; par les investissements, l’entretien, et la consommation d’électricité.

Aucune estimation de consommation d’énergie. due à l’activité du B.T.P. (gros engins, usage de matières premières nécessitant de l’énergie pour les produire : ciment,  béton, métaux …).

Les émissions de gaz indésirables par l’agriculture et par le chauffage au bois existaient avant l’émergence des problèmes. Les mettre en cause risque de masquer le véritable objectif qu’est la suppression du gaspillage de pétrole.  A ce compte, pourquoi ne pas quantifier aussi les gaz de fermentation des sols forestiers ?

Le rapport ne mentionne pas la consommation d’énergie. que représente l’usage des engrais et autres intrants qui nécessitent beaucoup d’énergie pour les fabriquer.

Le rapport replace bien l’action régionale dans le contexte planétaire. A ce titre, il aurait pu dire que l’Océan est la principale fabrique d’oxygène  et que ce dernier est aussi un puits de carbone à préserver (comme les autres) dans ses fonctionnalités (cela est dit à mi-mot dans les orientations).

 

Une des conséquences du changement climatique est aussi la disparition des glaciers continentaux qui soutiennent l’étiage de nombreux cours d’eau dont dépend la ressource en eau d’importantes populations (en France Rhin et Rhône).

 

2-Les objectifs

Réduire la consommation d’énergie dans le résidentiel et le tertiaire d’1/3 seulement est un objectif en dessous de ce qu’il pourrait être si on y mettait les moyens.

Dans les transports, l’objectif de réduction est insignifiant au regard de leur impact ; même si la réduction est plus difficile à obtenir.

Pour développer les énergies renouvelables, il y a, à court sûr, beaucoup mieux à faire dans le solaire tant thermique que photovoltaïque.

Promouvoir la production d’électricité avec la méthanisation est une récupération d’énergie à faible rendement. Le méthane pourrait être stocké et utilisé autrement; l’électricité beaucoup moins.

Dans le rapport, le développement de l’énergie éolienne constitue une part importante du potentiel de production. Une cohérence serait à établir entre le schéma et les zones de développement potentiel de cette énergie. Par ailleurs l’impact  de ce développement est incomplètement analysé ; son implantation à moins de 500 m des habitations la rejette dans des milieux encore préservés de voies d’accés. Notre territoire est déjà fortement artificialisé et cloisonné. L’éolien ne doit pas aggraver la situation. Pour une bonne information du lecteur, le coût moyen d’une machine (en valeur et en cout en énergie incluant la production, le transport et l’installation : socle, voies d’accés, lignes supplémentaires) serait un facteur à connaître.

 

3-Les moyens

L’atteinte des objectifs nécessite des investissements importants et des incitations financières fortes. Pour ce faire, le crédit d’impôt pour l’amélioration de l’habitat n’a pas donné de résultats suffisants. Le rapport note que le parc de logements vétustes est occupé par des ménages aux ressources modestes dont une moitié de propriétaires. Aucun espoir de mise aux normes (isolation, panneaux solaires) n’est envisageable sans une politique de subventions publiques beaucoup plus incitative.

 

Dans la conjoncture actuelle, il ne semble pas possible de couvrir les dépenses nécessaires par les procédés que sont l’augmentation de la dette publique ou l’augmentation de la fiscalité. Pour sa part l’augmention de la fiscalité viendrait grever les capacités financières des personnes appelées à entreprendre des travaux.

 

Il apparait ainsi qu’un rééquilibrage des dépenses publiques d’équipement est nécessaire pour atteindre les objectifs du SRCAE.

 

 


II - Le document d’orientation

 

1-Bâtiments

 

Les objectifs sont ambitieux mais sont-ils réalistes ? 

En se basant surtout sur le volontariat et l'information, il n'est pas certain que les objectifs proposés soient atteints.

Cette impression vaut pour tous les chapitres.

 

Il faut prévoir un état annuel des progrès dans ce domaine. Pourquoi ne pas intégrer les effets « positifs » de l’augmentation prévisibles des températures hivernales ? Chiffrer mieux les coûts par habitant pour voir si les propositions sont atteignables. Y intégrer des scénarios concernant l’augmentation du coût de l’énergie. Bref  les propositions sont intéressantes, mais à approfondir encore un peu car tout est prévu comme si le contexte était immuable.

 

Par ailleurs l’aide publique aux travaux de rénovation ne peut être assurée qu’en diminuant d’autres dépenses d’équipement pour que les collectivités puissent y contribuer sans augmenter la globalité de leurs dépenses et recettes.

Le recours à l’emprunt bancaire n’est pas sans risque car il est une des causes de la crise actuelle.

 

En analysant le document on constatent que les bâtiments (résidentiel, tertiaire) représentent 76% des objectifs de réduction de la consommation d’énergie (contre 14% pour l’industrie, 8% pour les transports et 2% pour l’agriculture)

 

Le schéma doit viser explicitement la réduction du chauffage électrique non autonome dont les pertes en ligne sont importantes. Ce type de chauffage se révèle inapte à faire face à des épisodes de froid rigoureux.

 

Pour le résidentiel et le tertiaire les documents d’orientation font apparaitre un potentiel de réduction de GES de 60% et un objectif de 39% pour 2020.

(L’objectif pour 2050 étant le facteur 4 : diviser par 4 les émissions de GES)

Pour ce faire, en 2020 en matière de production d’énergie, on table sur le développement des énergies renouvelables, essentiellement le bois énergie (55,7%) et l’éolien (17,2%) plus l’hydro électricité (21.8%, production maintenue à son niveau actuel)  soit un total de 94,7%, le reste relevant du photovoltaïque, de la méthanisation, de la biomasse et du solaire thermique et de la géothermie.

 

-          Résidentiel :

En ce qui concerne les consommations d’énergie la loi Grenelle  fixe un objectif de 38% de réduction entre 2008 et 2020.

Si les travaux d’amélioration énergétique se poursuivaient au niveau actuel on arriverait à 6,7%.

 

On est donc très loin des objectifs. Le rapport d’orientation préconise des travaux beaucoup plus importants mais surtout beaucoup plus efficaces.

D’où, deux nécessités pour les propriétaires : être bien conseillés et avoir les appuis financiers nécessaires. Et c’est bien là où le bât blesse. Les aides de l’état au titre des crédits d’impôts ont toujours été un moteur essentiel pour inciter à investir sur ce poste. Or de façon à peu près constante ces dernières années, les taux ont régulièrement baissé (- 15% en moyenne pour 2012) ce qui équivaut à une disparition sur certains postes (parois vitrées par exemple). Quant aux taux bancaires, ils repartent à la hausse après une assez longue période de stabilité. On voit donc difficilement comment les dépenses d’améliorations pourraient être plus que triplées (7.4 milliards au lieu de 2.2) par rapport aux moyennes actuelles.

Il ne faut guère espérer que les collectivités locales soient en mesure de prendre le relais dans la conjoncture actuelle.

Par expérience nous savons que dans le bâti existant, les mesures les plus efficaces pour un coût le moins élevé : isolation des combles, étanchéité des ouvertures, amélioration des organes de production de régulation, calorifuge ou étanchéité des ouvertures, chauffage d’appoint au bois (pour les individuels) sont celles qui ont souvent déjà été réalisées.  Au-delà, il faut prévoir des travaux beaucoup plus lourds (remplacement des ouvertures et des fermetures, isolation des parois opaques, remplacement complet de la production d’énergie par exemple)

Dans le logement neuf, toutes ces contraintes sont pour l’essentiel déjà intégrées, mais le rythme de production de ces logements n’est pas en mesure d’influer de manière très significative sur les chiffres d’ensemble du bâti résidentiel.

Les autres observations (formation de personnel qualifié et recherche de nouveaux matériaux performants) ne sont pas une particularité locale et n’auront que peu d’influence directe d’ici 2020 sur le bâti ancien.

  

-          Tertiaire

Comprend les bâtiments publics, les zones d’activités (bureaux, surfaces de vente) et les grandes surfaces commerciales (responsables pour plus d’un tiers de l’accroissement des consommations de 10%  depuis 2002). L’ensemble représente 12% des consommations énergétiques régionales. L’électricité y est prépondérante (43%)

Répartition des consommations : Commerces : 27%, bureaux : 19% (dont la moitié administratifs), enseignement : 15%, santé et social : 15%.

Les bureaux et les équipements publics (sportifs, culturels et loisirs représentent le plus gros gisement d’économies

Solutions proposées : encourager les solutions de montages économiques et financiers pour encourager les collectivités à investir dans ces travaux.

Après diagnostic, rechercher des usages moins énergivores (régulations, éclairage, raccordement aux réseaux de chaleur biomasse)

Objectif pour 2020 : 38% d’économies d’énergie

Mise en œuvre : Communication, diagnostics groupés, montage de partenariats public/privé, éclairages plus économe etc.

 

Là encore il faudra une volonté de l’état et des collectivités locales pour engager dès maintenant dans leurs locaux existants, de gros travaux visant à économiser l’énergie qui le plus souvent ne sont réalisés que dans le cadre de grosses rénovations d’ensemble toujours sujettes à longs délais.

Les bureaux privés et les commerces n’y verront d’intérêt que si le temps de retour sur investissements le justifie ou s’ils y étaient contraints.

Noter un poste d’accroissement prévisible important des consommations. Le réchauffement climatique réduit la période d’enneigement naturel que les stations de ski compensent en multipliant les canons à neige très gourmands en eau et en électricité durant la période la plus délicate.

 

Conclusions

 

Dans les conditions actuelles, et à moins d’un changement important des conjonctures :

Soit un prix de l’énergie en très forte hausse et difficultés d’approvisionnement, soit une volonté très forte des pouvoirs publics, (ce qui ne parait pas être le souci primordial actuel en période de crise) il est peu probable que les objectifs de réduction des consommations et par voie de conséquence, des GES soient atteints en 2020.

Quant au facteur 4 de 2050 il est bien trop tôt pour donner un quelconque avis.

 

 


 

2-Industrie

Les orientations ne traitent que la consommation d’énergie. En matière d’émissions gazeuses, il demeure probablement quelques points noirs. Il nous parait important de bien les identifier et d’apporter des solutions rapides.

 


 

3-Agriculture

 

Les objectifs sont peu ambitieux. Si  l'agriculture ne consomme pas beaucoup d'énergie elle émet beaucoup de GES. Il serait intéressant pourtant de parler du développement de l'énergie autoproduite, pour pallier à terme la raréfaction des énergies fossiles. Par ailleurs l'agriculture pourrait fournir un peu d'énergie aux villes (cf Allemagne).


Le chapitre concernant la réduction des GES non énergétiques (émissions de N20 et CH4) est tout à fait approximatif. Plus que sur la consommation d’énergie il y a là un réel effort à faire et les propositions sont plutôt timides.

La baisse des engrais azotés est aussi un objectif valable pour la qualité des eaux. Ce point est abordé par le PRAD. Dans ce chapitre il semble y avoir des erreurs. Plusieurs points ne sont pas clairs. Par exemple que veut dire améliorer la qualité de l'herbe? On hésite à parler de Légumineuses! Il faudrait en annexe un texte donnant le fil de la réflexion

On parle par exemple de réduire les émissions de méthane issues des déjections animales en enchaînant sur la mise en place de méthaniseurs, ce qui sont deux choses différentes! En effet on n’obtiendra jamais beaucoup de CH4 en traitant des déjections bovines, la partie méthanisable ayant été digérée par les animaux. C’est bien pour cela que les allemands utilisent des céréales dans leur méthaniseurs !

 

La prédiction des émissions de N2O est très complexe et il est probable que les émissions vont évoluer avec le changement climatique. Cela est à préciser.

 

A noter la contradiction entre « épuiser les potentiels de réduction »  et le facteur 4. Il y a un fossé entre ces 2 démarches !


Le paragraphe sur la recherche est une liste de souhaits honorables, en oubliant qu'il y a déjà énormément de résultats qui dorment à l'INRA et ailleurs. Il donne l'impression que les chercheurs n'ont pas fait grand chose. C'est peut-être vrai quelquefois, mais en l'état il faudrait les interroger pour revoir ce qui est écrit et bien indiquer ce qui est déjà connu et ignoré par les agriculteurs (volontairement parfois!).

 

Enfin il faut prévoir des indicateurs directs, quitte à donner leur mode de calcul en annexe pour le faire évoluer avec les connaissances dans le futur.

 


 

4-Sylviculture

 

Il est fait état au départ de 6 % de CO2, à compter sur 6% pour le secteur agriculture -forêt. Cela  n'est pas vrai, puisque l'agriculture génère seule une bonne moitié (46 %) des GES exprimé en CO2. Par ailleurs le mode de calcul stockage-déstockage de CO2 en forêt doit être transparent. Page 31, l'indicateur de suivi est « bidon ». Il faut mettre des vrais indicateurs (stockage de C, émission de CO2, via combustion et exploitation,...). Cette remarque est valable dans quelques autres cas. Pour ce chapitre aussi il faut donc mettre la méthodologie retenue en annexe, car elle peut être suspectée.

Il serait nécessaire de donner des éléments concernant l’impact de l’exploitation prévue sur la biodiversité et le régime des eaux. C’est peut-être acceptable, encore faut-il en parler car les impacts positifs ne sont pas la règle.

 


5-Déplacements

 

Il faut noter qu'on se base beaucoup sur le volontariat et la sensibilisation. Cela sera-t-il suffisant? Attention pour les véhicules électriques : la présentation est flatteuse, mais les problèmes environnementaux (fabrication des véhicules) et les émissions lors de la production d'électricité (et son transport) sont à peine signalés. Quid de l'énergie nucléaire dans cette approche? OK pour la réduction des distances pour le fret. On peut produire en France ce qui vient d'Espagne (certes plus cher, mais il faut savoir ce qu'on souhaite).

Il ne suffira pas de baisser les émissions par véhicule si le nombre de véhicules augmente, mais que faire ? Le coût en CO2 de la fabrication des véhicules n’est pas signalé. Ce coût doit être pris en compte, en particulier à travers la durée de vie des véhicules. C’est à rajouter aux émissions.

 

Pour réduire les déplacements il importerait entre autre de maintenir les services de proximité.

 


6-déchets

Concernant les déchets, les intentions du SRCAE sont forts louables. En effet dans le rapport, on lit :

« Contenu de l’orientation

  Veiller à une bonne prise en compte des objectifs nationaux dans les plans départementaux de prévention et de gestion des déchets non dangereux, ainsi que les différents enjeux du SRCAE (réduction de la consommation d’énergie, réduction des émissions de gaz à effet de serre, développement des énergies renouvelables, qualité de l’air). (…)

  Les orientations nationales en matière de déchets prévoient de réduire les quantités de déchets produites, augmenter les quantités de déchets ménagers et assimilés orientées vers le recyclage ou la valorisation biologique (45% à horizon 2015) et réduire les quantités mises en décharge ou incinérées (-15% en 2015 par rapport à la situation en 2008). Par ailleurs, une réduction des transports de déchets sont recherchées. Ces différentes orientations contribuent à réduire les émissions de gaz à effet de serre ainsi que la consommation d’énergie.

  Les plans départementaux de prévention et de gestion des déchets non dangereux fixent les priorités à retenir en matière de gestion des déchets.(…)

  Les leviers d’actions sont donc multiples :

  1. 1.      Améliorer le captage du biogaz (..)
  2. 2.      Optimiser la collecte (..):
  3. 3.      Réduire la production de déchets et développer le recyclage (..): »

ANALYSE des orientations proposées

 

  C’est bien mais il y a un problème de taille dans ces orientations. Il y a, de facto, assimilation des « orientations nationales » existantes et formalisées avec les plans de gestion départementaux des déchets applicables, soit encore en gestation (15, 43, 03) soit dépassés et en désaccord avec ces orientations nationales (plan 63). De plus, le renouvellement du plan 63 est ajourné sine die. Par contre le plan de prévention 63 est lancé.

  D’autre part on laisse entendre que l’incinération des déchets bruts est une valorisation énergétique renouvelable et vertueuse (aussi et surtout fiscale) en particulier pour la biomasse. A Bayet, outre le très faible rendement énergétique de l’installation (spécificité parfaitement logique vu l’humidité des déchets combustibles, mélangés à des déchets dangereux) l’installation cumule ce gaspillage d’énergie potentielle avec une non utilisation partielle de 30% de cette chaleur (c’est-à-dire la fraction obtenue les samedis et dimanche, car l’usine récupératrice est fermée ces 2 jours-là.). On évoquera à juste titre le volume supplémentaire de CO2 largué par la future installation VERNEA, à Beaulieu/Puy-Long, qui incinèrera, rappelons le avec insistance, des déchets ménagers bruts incluant des déchets organiques humides.

 

Nos propositions :

 

Chaque catégorie de déchets (*) nécessite un traitement spécifique pointu et non compatible avec les autres traitements. Inévitablement, la solution la meilleure inclura un tri préalable généralisé de chacune de ces fractions, tri guidé par le type de traitement spécifique le plus approprié. Cette voie n’est pas la moins chère en investissement ni la plus populaire.

La deuxième recommandation est de ne jamais négliger la dangerosité des pollutions sous prétexte qu’elles paraissent disséminées à l’infini dans la Nature. Celle-ci se chargera inlassablement de les concentrer à nouveau jusqu’à un seuil de dangerosité, sinon à minima des nuisances.

(*)Catégories :

-    Les déchets dangereux à confiner

-    Les fermentescibles méthanisables avec carnés

-    Les fermentescibles compostables sans carnés

-    Les déchets réutilisables ou réparables encombrants, …

-    Les recyclables matières (verre, métaux, papiers/cartons, plastiques, encombrants, bois, …)

-    Les inertes non dangereux pierres et terres.

-    Les futurs CSR (combustibles solides de récupération : bois, papiers, plastiques)

-    La fraction finale résiduelle à enfouir, en général des catégories diverses non séparables ou souillés, non recyclables, diluésou des résidus diffus tels que poussières…

 


7-Qualité de l’air

 

Emissions de polluants : Informer n'est pas un objectif et ne réduira pas les émissions. L'objectif est bien de réduire!

 

8-Adaptation au changement climatique

C’est un véritable enjeu, mais comment changer des habitudes bien établies ? On en connaît déjà beaucoup, mais, comme d’habitude, la population réagira probablement trop tard.
Il n'y a pas que les prairies qui sont riches en biodiversité. Par ailleurs elles ne le sont que si elles sont permanentes et conduites de façon extensive. Le rédacteur est-il au courant, le lecteur probablement pas! La question du stockage de l'eau est reposée. Ici la plus grande prudence s'impose compte tenu de tout ce qui a été fait n'importe comment. En effet stocker de l’eau augmente sa pollution ! Par ailleurs il serait important de subordonner l’existence d’une unité touristique à la ressource en eau et non l’inverse.

La surpopulation estivale peut entrainer des difficultés d’approvisionnement en eau potable.

 

Préserver les zones humides qui modèrent tant les étiages que les crues. C'est écrit dans de nombreux plans, mais sans jamais se donner les moyens de le faire. D'ailleurs c'est en recréer qu'il serait nécessaire, car elles ont pratiquement toutes été détruites!

Le changement climatique accentue les ouragans, les épisodes secs mais aussi les précipitations brutales génératrices d’inondations. A ce dernier égard les zones d’expansion de crues sont à préserver de la densification des équipements et de l’urbanisation.

 


 

9-Puits de Carbone

 

Ce chapitre est tout à fait superficiel. Les prairies permanentes ne stockent que si elles sont extensives. Est ce l'objectif des éleveurs? OK pour le rajeunissement des forêts, si on le fait en préservant les sols, les eaux et la biodiversité. Une analyse fine de la question est donc nécessaire, même si il y a un peu de marge. En additionnant ce qui est prévu pour la forêt (non corrigé pour l’évolution du climat, se qui est à faire!) et les chiffres très optimistes pris pour les prairies on n’est pas sûr d’arriver aux  4 t. de CO2 par habitant.

 

Par ailleurs et pour faire évoluer les pratiques, l’installation de peuplements forestiers multi étagés appelle, en corollaire, à favoriser une exploitation en continu et le recours à des moyens mécaniques moins lourds, respectueux des sols et des peuplements étagés.

 


 

10-Urbanisme

 

Orientation ½ - stopper l’étalement urbain (p.61).

Il faut dire en tête de chapitre que les ZAC et usines à la campagne, non seulement consomment de l’espace mais encore induisent des besoins de déplacements journaliers.

L’artificialisation des sols consomment aussi d’importantes quantités de matières premières et d’énergie ; elle est de surcroit un facteur agravant de la vulnérabilité du territoire au changement climatique, réduisant notamment ses capacités aquifères.

Orientation 2/2 – organiser un urbanisme agréable (p.64).

Cette orientation doit dire que la circulation automobile est un facteur majeur de l’inconfort urbain. Il doit dire aussi que les impôts locaux sont particulièrement dissuasifs pour vivre en ville.

 

Toutefois l’accroissement démographique, d’une part, la fermeture des petites entreprises et l’exode rural, d’autre part, entrainent à plus long terme une augmentation de la population citadine dont la répartition sur les diverses aglomérations nécessite une étude prospective.

 

 


 

11-Energies renouvelables

Il est évident que les énergies renouvelables sont à développer, mais il faut absolument accompagner ce développement d’une prise en compte de leurs impacts environnementaux (soit pour les réduire, soit pour ne pas mettre en place des structures trop impactantes). Le texte passe cet aspect sous silence. Il est prévu une baisse de consommation. En fait cette consommation parait plutôt en augmentation, surtout celle d'électricité (cf Jancovici).

 

Une mise en garde est à faire en ce qui concerne l’occupation des sols encore non artificialisés par des panneaux solaires. Les surfaces déjà artificialisées pourraient théoriquement fournir largement de quoi se passer de l’énergie fossilisée. C’est réalisable à condition de mettre au point la transformation du rayonnement solaire en d’autres sources d’énergie adaptées à  tous les besoins.

L’obstacle à la pose de capteurs solaires pour raison esthétique est peu recevable notamment lorsque les supports sont des bâtiments industriels, des bâtiments anciens voués à la ruine faute couverture, des parcs à voitures ….. etc

 

Il faut faire des tableaux clairs car les chiffres se « baladent » dans les paragraphes et il est difficile de bien suivre ce qui est proposé. Pour le bois il faut insister sur la nécessité de réduire les émissions polluantes liées à leur combustion, ce qui ne permet pas trop le développement du chauffage individuel au bois. Bien noter l'impact catastrophique de l'hydroélectricité sur les rivières et donc sur la qualité des eaux superficielles.
Mieux analyse le solaire. Quel est par exemple le coût écologique de la fabrication des panneaux, quelle est leur durée de vie? Il est nécessaire de donner pour toutes les ENR les quantités de CO2 par MW mis en place. On aurait pu être plus ambitieux sur la méthanisation (10 unités! cela ne va pas aider beaucoup à résoudre quelques problèmes cités plus haut).

Le méthane est un combustible transportable qui peut être utilisé dans des véhicules à moteur thermique.

 

 


 

CONCLUSION de la FRANE

 

 

La FRANE souhaite que soient associés au comité technique quelques experts et des environnementalistes. Un comité restreint aux administrations est peu crédible, le comité de pilotage ayant une vocation plus généraliste.


S’il  y a tout de même beaucoup d'éléments positifs dans ces orientations et propositions, ce sont souvent des vœux pieux. Un tel plan est trop basé sur le volontariat. Il a donc peu de chances d’être efficace. Il contient aussi beaucoup de propositions approximatives. Il mérite donc d’être expertisé par des spécialistes. Il oublie beaucoup d’éléments, en particulier les émissions de CO2 nécessaires en amont pour fabriquer machines, véhicules, matériels, etc… et tous les impacts environnementaux des techniques proposées au développement !

 

 

Enfin ce schéma mériterait d’être plus ambitieux

 

-   Ambition insuffisante en matière d’isolation.

-   Ambition insuffisante en récupération d’énergie solaire.

-   Aucune allusion au B.T.P. non seulement énergivore mais accaparant de gros moyens au détriment des possibilités de financement du SRCAE.

-   Trop peu d’appel à une participation citoyenne pour moins acheter de produits énergivores. L’étiquetage énergétique de tous les produits commercialisés aiderait cette participation.

-   Diminuer la circulation routière est un impératif. Mais il faut préalablement ou simultanément offrir des alternatives de déplacement. Et pour ça aussi il faut libérer des financements.

-   Sans financement, le schéma restera lettre morte. Il devrait être accompagné d’un changement d’orientation des fonds publics en matière d’aménagement du territoire.